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Divinatoria

Ọ̀yẹ̀kú

Ọ̀yẹ̀kú Méjì, 2e des seize odù principaux de l'Ifá : figure, rang, odù dérivés et équivalent géomantique (Populus).

Repères
Nom completỌ̀yẹ̀kú Méjì
Rang2e des seize odù principaux
Figure (de haut en bas)deux traits, deux traits, deux traits, deux traits
Odù inverseOgbè
Figure géomantique équivalentePopulus (le Peuple)

La figure

Dans l’Ifá, le devin (babaláwo) obtient chaque signe en manipulant seize noix de palme sacrées (ikin), dont il trace le résultat dans la poudre répandue sur le plateau divinatoire (ọpọ́n Ifá), ou en lançant une chaîne divinatoire (ọ̀pẹ̀lẹ̀) qui donne directement la figure. Un signe complet se compose de deux colonnes de quatre lignes, chaque ligne portant une ou deux marques. Dans Ọ̀yẹ̀kú Méjì, les deux colonnes sont identiques : de haut en bas, deux traits, deux traits, deux traits, deux traits.

Rang et nom

Ọ̀yẹ̀kú occupe le 2e rang dans l’ordre des seize odù principaux (odù méjì), ordre qui fixe aussi leur préséance. Le mot méjì signifie « double » en yoruba : il rappelle que la même figure apparaît dans les deux colonnes. L’ordre et l’orthographe des noms peuvent varier d’une région à l’autre, au Nigeria, au Bénin et dans les traditions afro-américaines.

Ọ̀yẹ̀kú Méjì, formé uniquement de traits doubles, est l’exact inverse d’Èjì Ogbè. Les traditions l’associent à l’obscurité et à la nuit, et le placent au deuxième rang.

Les odù dérivés

Quand les deux colonnes portent des figures différentes, on obtient l’un des 240 odù « enfants » (ọmọ odù), nommés d’après leurs deux moitiés. Les seize odù principaux et ces 240 combinaisons forment les 256 odù du système. À chacun se rattachent de nombreux récits et vers (ẹsẹ), appris par cœur par le devin, qui indiquent les sacrifices à accomplir. Leur contenu, transmis oralement, varie selon les lignées : nous ne le résumons pas ici.

Équivalent en géomancie

La figure d’Ọ̀yẹ̀kú est la même que celle de Populus (le Peuple) dans la géomancie européenne et arabe, et que l’une des figures du sikidy malgache. Ces systèmes reposent sur les mêmes seize combinaisons de lignes simples et doubles ; les historiens discutent encore de leur origine commune. Les sens attribués diffèrent toutefois : la géomancie associe Populus à la foule, le rassemblement ; une figure neutre qui renforce les figures voisines, ce qui n’engage en rien l’interprétation d’Ọ̀yẹ̀kú dans l’Ifá.

Odù inverse

En changeant chaque trait simple en trait double et inversement, on obtient Ogbè.

Voir aussi

L'Ifá est une tradition religieuse vivante ; ces pages en décrivent la structure. Elles ne permettent pas de prévoir un événement. Lire les limites de la pratique.

Sources

  • William Bascom, Ifa Divination: Communication between Gods and Men in West Africa, Indiana University Press, 1969.
  • Wande Abimbola, Ifa: An Exposition of Ifa Literary Corpus, Oxford University Press Nigeria, 1976.
  • UNESCO, Le système de divination Ifa, proclamé en 2005 et inscrit en 2008 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité.

Page mise à jour le . Pour citer cette page : « Ọ̀yẹ̀kú », Divinatoria, https://divinatoria.fr/ifa/oyeku.html, consulté le [date].