Aller au contenu

Encyclopédie libre d'accès, avec le soutien d'Avigora

Divinatoria

L'Urim et le Toummim

Objets oraculaires portés par le grand prêtre d'Israël dans le pectoral, mentionnés dans la Bible hébraïque, qui servaient à obtenir une réponse divine ; leur nature exacte reste inconnue.

Fiche signalétique
FamilleTirages et sorts
OrigineIsraël ancien
PériodeÉpoque des textes bibliques (Ier millénaire av. J.-C.)
SupportsObjets placés dans le pectoral du grand prêtre

Définition

L’Urim et le Toummim sont deux objets, ou un ensemble d’objets, que le grand prêtre d’Israël portait dans le pectoral de ses vêtements sacrés. La Bible hébraïque les présente comme un moyen de connaître la décision de Dieu.

Les textes disent à quoi ils servaient, mais pas à quoi ils ressemblaient ni comment ils fonctionnaient.

Histoire

Le livre de l’Exode prescrit de placer l’Urim et le Toummim dans le pectoral du grand prêtre Aaron, « sur son cœur » quand il se présente devant Dieu (Exode 28, 30). Le livre des Nombres indique que le chef du peuple doit consulter Dieu par l’Urim, par l’intermédiaire du prêtre (Nombres 27, 21).

Le premier livre de Samuel en montre l’usage. Dans le texte grec de la Septante, Saül demande de « donner Urim » ou « donner Toummim » pour savoir qui, de lui et de son fils Jonathan ou du peuple, est coupable (1 Samuel 14, 41). Plus loin, Dieu ne répond plus à Saül, « ni par les songes, ni par l’Urim, ni par les prophètes » (1 Samuel 28, 6).

Après l’exil à Babylone, les textes laissent entendre que l’on ne disposait plus de prêtre « pour l’Urim et le Toummim » (Esdras 2, 63).

Supports

Le pectoral était une pièce d’étoffe carrée, ornée de douze pierres gravées des noms des douze tribus. L’Urim et le Toummim y étaient placés ou fixés. Leur matière et leur forme ne sont décrites nulle part.

Pratique traditionnelle

Selon l’hypothèse la plus répandue, il s’agissait de deux objets de sort, que le prêtre tirait ou lançait pour obtenir une réponse par oui ou par non, ou pour désigner un choix entre deux possibilités. La possibilité d’une absence de réponse, mentionnée dans le cas de Saül, suggère qu’un troisième résultat était possible.

D’autres hypothèses, plus tardives, imaginent que les pierres du pectoral s’illuminaient pour former des lettres. Elles proviennent de traditions juives postérieures, non du texte biblique.

Symbolisme

Les deux mots sont souvent rattachés à la lumière et à la perfection, ou compris comme formant une paire de contraires couvrant toutes les réponses, d’aleph à tav, première et dernière lettres de l’alphabet hébreu.

Leur place, sur le cœur du grand prêtre, en fait le signe d’une médiation : le prêtre porte la question du peuple devant Dieu.

Limites

Nos connaissances reposent sur quelques versets, et la nature de l’Urim et du Toummim reste une énigme pour les historiens. Toute reconstruction précise de leur fonctionnement est hypothétique. Ils appartiennent à l’histoire religieuse et ne constituent pas une méthode divinatoire praticable.

Glossaire

Urim
Mot hébreu souvent rapproché de « lumières » ; premier terme du couple oraculaire.
Toummim
Mot hébreu souvent rapproché de « perfections » ou « intégrité ».
Pectoral
Pièce d'étoffe ornée de douze pierres, portée sur la poitrine par le grand prêtre (ḥōšen).
Éphod
Vêtement sacerdotal auquel était fixé le pectoral.

Lectures associées

  1. Exode 28, 30 ; Lévitique 8, 8 ; Nombres 27, 21 ; 1 Samuel 14, 41 (texte grec) et 28, 6.Les principales mentions bibliques.
  2. Cornelis Van Dam, The Urim and Thummim: A Means of Revelation in Ancient Israel, Eisenbrauns, 1997.Étude complète des textes et des hypothèses.

Voir aussi

Dans la même famille

Tarot, Tarot de Marseille, Petit Lenormand, Cartomancie au jeu ordinaire, Cartomancie au jeu espagnol, Oracle de Belline, Jeux d'oracle contemporains, Runes, Ogham divinatoire, Yi Jing, Lingqi jing, Mo tibétain, Géomancie, Sikidy malgache, Ifá, Obi, Divination par les cauris, Jet d'osselets d'Afrique australe, Lecture des feuilles de coca, Cléromancie, Astragalomancie, Fāl-e Hāfez, Bâtonnets de temple chinois (qiuqian), Blocs divinatoires chinois (jiaobei), Omikuji

Fiche mise à jour le .

Pour citer cette page : « L'Urim et le Toummim », Divinatoria, encyclopédie des arts divinatoires, https://divinatoria.fr/arts/urim-et-toummim.html, consulté le [date].