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Divinatoria

Le Tripudium

Auspice romain qui consiste à observer la façon dont mangent les poulets sacrés ; il était consulté notamment avant les batailles.

Fiche signalétique
FamilleAnimaux et présages
OrigineRome
PériodeRépublique romaine ; Empire
SupportsPoulets sacrés en cage, pâtée de grain

Définition

Les armées romaines emportaient avec elles des poulets sacrés, confiés à un gardien, le pullarius. Avant une décision importante, on ouvrait leur cage et on leur jetait de la nourriture. S’ils mangeaient avidement, au point de laisser des grains retomber au sol, c’était un signe favorable : le tripudium. S’ils refusaient de manger ou de sortir, les dieux s’opposaient à l’action.

Histoire

Cette forme d’auspice, plus simple que l’observation des oiseaux en vol, se répand sous la République, notamment parce qu’elle pouvait se pratiquer partout, même en campagne.

L’épisode le plus célèbre se déroule en 249 av. J.-C., pendant la première guerre punique. Avant la bataille navale de Drépane, en Sicile, le consul Publius Claudius Pulcher apprend que les poulets refusent de manger. Selon Cicéron et Suétone, il les fait jeter à la mer en déclarant : « Qu’ils boivent, puisqu’ils ne veulent pas manger. » La flotte romaine subit une lourde défaite, et l’histoire devient un exemple de l’impiété punie.

Cicéron, qui fut lui-même augure, souligne pourtant le caractère arrangé du rite : des poulets affamés dans leur cage mangent forcément avec avidité quand on leur jette du grain.

Supports

Des poulets gardés en cage, une pâtée ou des grains, et un pullarius chargé de les nourrir et d’annoncer le résultat.

Pratique traditionnelle

Le magistrat ou le général demande le signe. Le pullarius ouvre la cage et jette la nourriture. Il observe si les poulets sortent, s’ils mangent et comment. Il annonce ensuite le résultat au magistrat, qui décide d’agir ou de différer.

Symbolisme

Le geste de manger avec appétit exprime l’abondance et la vigueur : un présage d’énergie et de succès. Le refus de manger exprime au contraire le retrait des dieux. Le grain qui tombe à terre évoque peut-être une offrande involontaire à la terre.

Limites

Comme le notait déjà Cicéron, le résultat du tripudium dépendait surtout de la faim des poulets, que l’on pouvait facilement contrôler. Il témoigne de la place des rites dans la vie politique et militaire de Rome, non d’une capacité à prévoir l’issue des batailles.

Glossaire

Tripudium
Signe favorable donné par les poulets qui mangent avidement, au point de laisser tomber des grains.
Pullarius
Gardien des poulets sacrés, qui les accompagnait en campagne.
Auspicia ex tripudiis
« Auspices tirés des poulets » : nom latin de ce type d'auspice.

Lectures associées

  1. Cicéron, De la divination, livres I et II.Décrit le tripudium et en montre le caractère arrangé.
  2. Cicéron, De la nature des dieux, livre II, 7.Rapporte l'épisode de Publius Claudius Pulcher.
  3. Suétone, Vie de Tibère, 2.Autre récit du même épisode.

Voir aussi

Dans la même famille

Hépatoscopie, Os oraculaires chinois, Scapulimancie, Futomani, Divination par les os de poulet, Hippomancie, Tératoscopie, Oracle du poison azandé, Divination par l'araignée

Fiche mise à jour le .

Pour citer cette page : « Le Tripudium », Divinatoria, encyclopédie des arts divinatoires, https://divinatoria.fr/arts/tripudium.html, consulté le [date].