Les Tables tournantes
Pratique spirite où plusieurs personnes posent les mains sur une table qui se met à tourner ou à frapper le sol ; les coups, comptés selon un code, sont interprétés comme des messages d'esprits.
| Famille | Inspiration, rêve et voyance |
|---|---|
| Origine | États-Unis, puis Europe |
| Période | Depuis 1848 ; grande vogue en 1853 |
| Supports | Table légère, alphabet codé |
Définition
Autour d’une table légère, les participants posent les mains à plat et attendent. La table se met à vibrer, à tourner, puis à soulever un pied et à frapper le sol. On établit un code : un coup pour oui, deux pour non, ou un nombre de coups pour chaque lettre. Les messages ainsi obtenus sont attribués aux esprits des morts.
Histoire
Les origines. En 1848, à Hydesville, dans l’État de New York, les jeunes sœurs Fox disent communiquer avec un esprit par des coups frappés. Le spiritualisme se répand aux États-Unis, puis gagne l’Europe.
La vogue de 1853. En 1853, les tables tournantes deviennent un divertissement de salon dans toute l’Europe. À Jersey, dans la maison de Marine Terrace, Victor Hugo et sa famille tiennent de 1853 à 1855 des séances où l’on croit converser avec Shakespeare, Molière ou Jésus ; leurs procès-verbaux ont été publiés sous le titre Le Livre des tables.
Le spiritisme. À Paris, Allan Kardec s’intéresse aux tables à partir de 1855 et en tire une doctrine, le spiritisme, exposée dans Le Livre des esprits en 1857.
Supports
Une table ronde et légère, souvent un guéridon, et un alphabet ou un code de coups convenu à l’avance.
Pratique traditionnelle
Les participants s’assoient, mains posées sur le plateau, parfois en se touchant les doigts pour former une chaîne. On attend en silence ou en priant. Quand la table bouge, on interroge l’esprit présumé, et l’on note les réponses lettre par lettre.
Symbolisme
Les tables tournantes ont nourri l’espoir d’une communication avec les défunts dans un siècle marqué par la science et par le deuil. Elles ont aussi offert un passe-temps collectif et un sujet de débat entre croyants et sceptiques.
Limites
En 1853, le physicien Michael Faraday montre, par un dispositif simple placé sous les mains, que ce sont les participants qui poussent la table sans s’en rendre compte. Le chimiste Michel-Eugène Chevreul publie en 1854 une analyse semblable. Ce phénomène, appelé effet idéomoteur, explique aussi le pendule et le ouija. Les messages reflètent les pensées des participants.
Glossaire
- Table frappeuse
- Table qui, lors d'une séance, soulève un pied et frappe le sol ; chaque coup correspond à une lettre ou à une réponse.
- Effet idéomoteur
- Mouvement musculaire inconscient produit par une idée ou une attente ; il explique les tables tournantes, le pendule et le ouija.
Lectures associées
- Michel-Eugène Chevreul, De la baguette divinatoire, du pendule dit explorateur et des tables tournantes, Mallet-Bachelier, 1854.Analyse scientifique des mouvements involontaires.
- Michael Faraday, « Experimental investigation of table-moving », The Athenaeum, juillet 1853.L'expérience qui montre la poussée inconsciente des mains.
- Victor Hugo, Le Livre des tables, éd. Patrice Boivin, Gallimard, coll. Folio, 2014.Les procès-verbaux des séances de Jersey.
Voir aussi
Dans la même famille
Voyance, Boule de cristal, Catoptromancie, Rhabdomancie, Oracle de Delphes, Oracle de Dodone, Sibylles, Prophétie, Oniromancie, Incubation, Nécromancie, Somnambulisme magnétique, Écriture automatique, Transe chamanique
Fiche mise à jour le .
Pour citer cette page : « Les Tables tournantes », Divinatoria, encyclopédie des arts divinatoires, https://divinatoria.fr/arts/table-tournante.html, consulté le [date].