Le Sāmudrika shāstra
Tradition indienne d'interprétation des signes du corps (lakṣaṇa), qui inclut la lecture de la main, du visage, des pieds et de la démarche.
| Famille | Le corps humain |
|---|---|
| Origine | Inde |
| Période | Antiquité ; traités classiques du Ier millénaire |
| Supports | Le corps entier : mains, pieds, visage, voix, démarche |
Définition
Le sāmudrika shāstra est l’art indien de lire les signes du corps. Il examine la forme des mains et des pieds, les lignes de la paume, les traits du visage, la voix, la démarche, la couleur de la peau, pour en tirer des indications sur le caractère, la fortune et le destin.
La chiromancie indienne, hasta-rekhā, en constitue une branche importante.
Histoire
L’attention portée aux marques du corps est très ancienne en Inde. Les textes bouddhiques décrivent les trente-deux marques du grand homme (mahāpuruṣa lakṣaṇa) : à sa naissance, les devins reconnaissent sur le corps du futur Bouddha les signes d’un destin exceptionnel, soit de roi universel, soit d’éveillé.
Au VIe siècle, l’astronome Varāhamihira consacre plusieurs chapitres de sa Bṛhat Saṃhitā aux signes des hommes et des femmes. D’autres textes, dont certains Purāṇa et des manuels spécialisés, développent cette tradition, qui reste pratiquée en Inde aux côtés de l’astrologie.
Supports
Le corps entier. Les mains et les pieds font l’objet d’un examen détaillé : forme, couleur, lignes, et dessins particuliers comme la roue, le lotus, la conque ou le poisson, qui sont des signes de bon augure.
Pratique traditionnelle
Le praticien observe la personne dans son ensemble, puis examine chaque partie du corps selon les descriptions des traités. Il combine ces observations avec le thème astrologique quand il le connaît. La consultation se fait souvent à l’occasion d’un mariage ou d’une naissance.
Symbolisme
Les signes de bon augure reprennent les grands symboles de la culture indienne : la roue (cakra), symbole de souveraineté et de la loi ; le lotus, pureté et éveil ; la conque, victoire. Leur présence sur la paume ou la plante du pied annonce, selon la tradition, une vie heureuse ou une haute destinée.
Limites
Comme la chiromancie et la physiognomonie occidentales, le sāmudrika shāstra n’a pas de fondement vérifiable. Certains de ses critères, appliqués à l’apparence physique et en particulier au corps des femmes dans le choix d’une épouse, ont pu renforcer des jugements et des discriminations. Il appartient au patrimoine savant de l’Inde et ne permet pas de prévoir le destin d’une personne.
Glossaire
- Sāmudrika
- « Relatif à Samudra » : la tradition attribue cet art à un sage nommé Samudra.
- Lakṣaṇa
- Signe, marque distinctive du corps porteuse d'une signification.
- Mahāpuruṣa
- « Grand homme » : personnage marqué de signes exceptionnels, roi universel ou bouddha.
- Hasta-rekhā
- « Lignes de la main » : la chiromancie indienne.
Lectures associées
- Varāhamihira, Bṛhat Saṃhitā, VIe siècle, chapitres sur les signes des hommes et des femmes.Exposé classique des signes du corps.
- Dīgha Nikāya, Lakkhaṇa Sutta (Discours sur les marques).Texte bouddhique qui décrit les trente-deux marques du grand homme.
Voir aussi
Dans la même famille
Lecture du visage chinoise (mianxiang), Métoposcopie, Moléosophie, Phrénologie, Graphologie
Fiche mise à jour le .
Pour citer cette page : « Le Sāmudrika shāstra », Divinatoria, encyclopédie des arts divinatoires, https://divinatoria.fr/arts/samudrika-shastra.html, consulté le [date].