La Pyromancie
Divination par l'observation d'un feu : couleur, hauteur et mouvement des flammes, crépitement, façon dont brûlent les offrandes.
| Famille | Éléments et matière |
|---|---|
| Origine | Monde grec, Proche-Orient, Europe |
| Période | Antiquité ; traditions populaires |
| Supports | Feu d'autel, foyer, feux de fête |
Définition
La pyromancie observe le feu pour y lire des présages. Le devin regarde la couleur et la hauteur des flammes, leur direction, la vitesse à laquelle elles prennent ou s’éteignent, le bruit du bois ou des offrandes qui brûlent.
Dans la religion grecque, on parlait surtout d’empyromancie : l’observation des offrandes consumées sur l’autel lors d’un sacrifice.
Histoire
La Grèce. Lors des sacrifices, on brûlait sur l’autel certaines parties de la victime. La façon dont elles brûlaient était un signe : une flamme claire et vive, qui consumait rapidement les offrandes, montrait que le sacrifice était agréé. À Olympie, la famille des Iamides, devins héréditaires célébrés par le poète Pindare, interprétait les signes du grand autel de Zeus.
Le Proche-Orient. Les textes mésopotamiens contiennent aussi des présages tirés du feu et de la fumée, souvent liés aux offrandes d’encens.
Les traditions populaires. En Europe, les grands feux de fête, en particulier ceux de la Saint-Jean, au solstice d’été, ont donné lieu à de nombreuses pratiques divinatoires : sauter par-dessus le feu, observer la direction de la fumée ou l’état des tisons, conserver un brandon comme porte-bonheur.
Supports
Le feu de l’autel, du foyer ou d’un grand feu de fête. On y jette parfois des substances choisies : feuilles de laurier, sel, encens, grains.
Pratique traditionnelle
Le devin allume le feu, prononce une prière ou pose sa question, puis y jette une offrande. Il observe la flamme et le bruit : une flamme droite et claire, un feu qui prend vite, un laurier qui crépite fort étaient de bon augure ; une flamme qui s’étouffe, fume ou se divise annonçait un échec.
Symbolisme
Le feu relie la terre et le ciel : il transforme les offrandes en fumée qui monte vers les dieux. Il purifie, éclaire et détruit, et il est souvent associé à la parole divine. La flamme vive est un signe de vie, la flamme qui faiblit un signe de déclin.
Limites
Le comportement d’un feu dépend du combustible, de l’humidité, du vent et de la quantité d’air. Ces facteurs suffisent à expliquer les variations observées. La pyromancie est un chapitre de l’histoire religieuse et des coutumes populaires ; elle ne permet pas de prévoir un événement.
Glossaire
- Pyromancie
- Du grec pyr (feu) et manteia (divination).
- Empyromancie
- Divination par les offrandes brûlées sur l'autel, dans la religion grecque.
- Iamides
- Famille de devins héréditaires attachés au grand autel de Zeus à Olympie.
Lectures associées
- Pindare, Olympiques, VI.Célèbre Iamos, ancêtre des devins d'Olympie.
- Auguste Bouché-Leclercq, Histoire de la divination dans l'Antiquité, 4 vol., 1879-1882.Les divinations par le feu dans l'Antiquité.
- Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, 4 vol., 1904-1907.Coutumes populaires liées aux feux, dont ceux de la Saint-Jean.
Voir aussi
Dans la même famille
Hydromancie, Lécanomancie, Aéromancie, Molybdomancie, Oomancie, Tasséographie, Lithomancie, Feng shui
Fiche mise à jour le .
Pour citer cette page : « La Pyromancie », Divinatoria, encyclopédie des arts divinatoires, https://divinatoria.fr/arts/pyromancie.html, consulté le [date].