La Planche de Ouija
Planche portant l'alphabet, les chiffres et les mots oui et non, sur laquelle glisse une goutte mobile ; brevetée aux États-Unis en 1891, ses mouvements s'expliquent par l'effet idéomoteur.
| Famille | Inspiration, rêve et voyance |
|---|---|
| Origine | États-Unis |
| Période | 1890-1891 (brevet et commercialisation) |
| Supports | Planche alphabétique, goutte ou planchette mobile |
Définition
La planche de Ouija porte l’alphabet, les chiffres de 0 à 9, les mots oui, non et au revoir. Les participants posent légèrement les doigts sur une petite pièce mobile, la planchette, qui glisse sur la planche et désigne des lettres. Pour les uns, c’est un jeu ; pour d’autres, un moyen de communiquer avec les esprits.
Histoire
La planche naît aux États-Unis dans le sillage du spiritisme, qui utilisait déjà des tables tournantes et des planches à écrire. À la fin des années 1880, un groupe d’hommes d’affaires de Baltimore fonde la Kennard Novelty Company pour commercialiser une planche parlante. Le brevet, déposé en 1890, est accordé en 1891.
La planche est vendue comme un jeu de société mystérieux. Elle connaît des pics de popularité pendant les périodes de deuil collectif, comme la Première Guerre mondiale. En 1966, la marque est rachetée par un grand fabricant de jouets.
À partir des années 1970, le cinéma d’horreur associe la planche à la possession démoniaque, ce qui lui donne sa réputation inquiétante.
Supports
Une planche de bois ou de carton imprimée, et une planchette, souvent percée d’une fenêtre ou munie d’une pointe pour désigner les lettres.
Pratique traditionnelle
Deux personnes ou plus s’assoient face à face, posent le bout des doigts sur la planchette et posent une question à voix haute. La planchette se met à glisser et désigne des lettres, que l’un des participants note pour former des mots.
Symbolisme
La planche reprend l’idée ancienne d’un message transmis lettre par lettre par une force invisible, que l’on retrouve dans l’Antiquité avec la divination par les lettres. Elle incarne le désir de dialoguer avec l’au-delà, et, depuis le XXe siècle, la peur de ce qui pourrait répondre.
Limites
Les mouvements de la planchette s’expliquent par l’effet idéomoteur, mis en évidence au XIXe siècle par William Carpenter et Michel-Eugène Chevreul : les participants la déplacent eux-mêmes, sans en avoir conscience, en fonction de leurs attentes. Quand ils ont les yeux bandés et que l’on tourne la planche à leur insu, les messages perdent leur cohérence.
La planche peut être un jeu impressionnant ; elle ne permet pas de communiquer avec les morts ni de prévoir l’avenir. Chez des personnes anxieuses ou en deuil, ses « messages » peuvent provoquer une détresse réelle.
Glossaire
- Ouija
- Nom commercial de la planche ; son origine est discutée, et l'explication par le français oui et l'allemand ja est probablement une légende.
- Planchette
- Pièce mobile, souvent en forme de goutte, sur laquelle les participants posent les doigts.
- Effet idéomoteur
- Mouvement musculaire infime et involontaire produit par une idée ou une attente.
Lectures associées
- William B. Carpenter, « On the influence of suggestion in modifying and directing muscular movement », 1852.Introduit la notion d'action idéomotrice.
- Michel-Eugène Chevreul, De la baguette divinatoire, du pendule dit explorateur et des tables tournantes, 1854.Démonstration expérimentale des mouvements inconscients.
Voir aussi
Dans la même famille
Voyance, Boule de cristal, Catoptromancie, Rhabdomancie, Oracle de Delphes, Oracle de Dodone, Sibylles, Prophétie, Oniromancie, Incubation, Nécromancie, Somnambulisme magnétique, Tables tournantes, Écriture automatique, Transe chamanique
Fiche mise à jour le .
Pour citer cette page : « La Planche de Ouija », Divinatoria, encyclopédie des arts divinatoires, https://divinatoria.fr/arts/ouija.html, consulté le [date].