Les Omikuji
Billets de sort que l'on tire dans les sanctuaires shintō et les temples bouddhiques du Japon, qui indiquent un degré de chance et donnent des conseils par domaine.
| Famille | Tirages et sorts |
|---|---|
| Origine | Japon |
| Période | Tradition attribuée au Xe siècle ; forme actuelle depuis l'époque d'Edo |
| Supports | Boîte à bâtonnets numérotés ou distributeur, billets imprimés |
Définition
Dans les sanctuaires et les temples du Japon, on peut tirer un omikuji contre une petite offrande. Le billet indique un degré de chance, de la « grande chance » à la « grande malchance », et donne des indications sur divers domaines : le travail, les études, l’amour, les voyages, la santé, l’objet perdu.
C’est un geste très courant, en particulier lors de la première visite de l’année, le hatsumōde.
Histoire
La tradition attribue l’origine des omikuji au moine bouddhiste Ryōgen (912-985), dit Ganzan Daishi, à qui l’on prête un recueil de cent poèmes de sort. Cette série, inspirée des poèmes divinatoires des temples chinois, est encore utilisée dans certains temples.
À l’époque d’Edo (1603-1868), les omikuji se répandent dans les temples et les sanctuaires. Ils prennent ensuite leur forme actuelle de billets imprimés. On en trouve aujourd’hui en plusieurs langues dans les sanctuaires les plus visités.
Supports
Le plus souvent, le visiteur secoue une boîte hexagonale percée d’un trou jusqu’à ce qu’un bâtonnet numéroté en sorte, puis reçoit le billet correspondant. Certains sanctuaires utilisent des distributeurs automatiques ou des billets glissés dans de petits objets.
Pratique traditionnelle
Le visiteur prie, tire son omikuji et le lit. S’il est favorable, il le garde, souvent dans son portefeuille. S’il est défavorable, la coutume veut qu’on le noue sur une corde tendue ou sur une branche d’arbre dans l’enceinte du sanctuaire, pour laisser la malchance derrière soi et confier la situation à la divinité.
Symbolisme
Les degrés de chance les plus courants sont : daikichi (grande chance), kichi (chance), chūkichi (chance moyenne), shōkichi (petite chance), suekichi (chance à venir), kyō (malchance) et parfois daikyō (grande malchance). Le nombre et l’ordre exact des degrés varient selon les lieux.
Le billet se lit moins comme une prédiction que comme une invitation à la vigilance ou à la confiance, selon le cas.
Limites
Les omikuji relèvent de la religion populaire et du rite de visite. Leur contenu est général et dépend du tirage. Ils ne permettent pas de prévoir des événements ni de remplacer un avis médical, juridique ou financier.
Glossaire
- Kuji
- « Sort » en japonais ; omikuji en est la forme honorifique.
- Daikichi
- « Grande chance » : le meilleur degré d'un omikuji.
- Kyō
- « Malchance » ; daikyō désigne la grande malchance.
- Ganzan Daishi
- Titre posthume du moine Ryōgen (912-985), à qui la tradition attribue les cent poèmes de sort.
Lectures associées
- Ian Reader et George J. Tanabe Jr., Practically Religious: Worldly Benefits and the Common Religion of Japan, University of Hawaii Press, 1998.Les pratiques religieuses populaires du Japon, dont les objets de chance.
Voir aussi
Dans la même famille
Tarot, Tarot de Marseille, Petit Lenormand, Cartomancie au jeu ordinaire, Cartomancie au jeu espagnol, Oracle de Belline, Jeux d'oracle contemporains, Runes, Ogham divinatoire, Yi Jing, Lingqi jing, Mo tibétain, Géomancie, Sikidy malgache, Ifá, Obi, Divination par les cauris, Jet d'osselets d'Afrique australe, Lecture des feuilles de coca, Cléromancie, Astragalomancie, Fāl-e Hāfez, Urim et le Toummim
Fiche mise à jour le .
Pour citer cette page : « Les Omikuji », Divinatoria, encyclopédie des arts divinatoires, https://divinatoria.fr/arts/omikuji.html, consulté le [date].