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Divinatoria

L'Ogham divinatoire

Alphabet de l'Irlande ancienne, gravé sur la pierre à partir du IVe siècle, dont les lettres servent aujourd'hui de support à une pratique divinatoire moderne.

Fiche signalétique
FamilleTirages et sorts
OrigineIrlande, ouest de la Grande-Bretagne
PériodeIVe-VIe siècle (inscriptions) ; XXe siècle (usage divinatoire)
SupportsVingt baguettes ou plaquettes gravées d'une lettre

Définition

L’ogham est l’alphabet le plus ancien de l’Irlande. Ses lettres sont formées de traits droits ou obliques, groupés de un à cinq, tracés de part et d’autre d’une ligne ou de l’arête d’une pierre.

Depuis le XXe siècle, on grave ces lettres sur des baguettes que l’on tire au sort, sur le modèle du tirage des runes. Sous cette forme, l’usage divinatoire est moderne.

Histoire

Les inscriptions. On connaît environ quatre cents inscriptions en ogham, surtout en Irlande et dans l’ouest de la Grande-Bretagne. La plupart datent du IVe au VIe siècle. Ce sont des noms de personnes, souvent sous la forme « X fils de Y », gravés sur des pierres dressées, sans doute funéraires ou servant de bornes.

Les traités médiévaux. Plus tard, les savants irlandais réfléchissent sur cet alphabet. Le Manuel des savants (Auraicept na nÉces) et le Traité de l’ogham expliquent les lettres et leurs noms. Plusieurs noms désignent des arbres, ce qui a valu à l’ogham le surnom d’« alphabet des arbres ». Les chercheurs ont montré que tous les noms ne sont pas des arbres, et que ce rapprochement est en partie une construction des lettrés médiévaux.

Une mention divinatoire. Un récit irlandais médiéval, La Courtise d’Étaín (Tochmarc Étaíne), raconte que le druide Dalán grave des lettres en ogham sur quatre baguettes d’if pour découvrir où se trouve la reine Étaín. C’est un témoignage littéraire, sans description détaillée de méthode.

L’usage moderne. En 1948, Robert Graves fait de l’ogham la clé d’un calendrier sacré des arbres dans La Déesse blanche. À partir des années 1970, des auteurs proposent de tirer les lettres de l’ogham comme des runes, en leur attribuant des sens inspirés des arbres.

Supports

Le jeu se compose en général de vingt baguettes, une par lettre de l’ogham classique, parfois complétées par les lettres supplémentaires (forfeda). Elles sont taillées dans du bois et gravées d’une lettre.

Les vingt lettres se répartissent en quatre groupes de cinq (aicmí), nommés d’après leur première lettre : B, H, M et A.

Pratique traditionnelle

On tire les baguettes d’une bourse, une à la fois ou par trois, ou on les jette sur un tissu pour ne lire que celles qui tombent d’une certaine façon. L’interprétation part du nom de la lettre et de l’arbre ou de la notion qui lui est associée.

Symbolisme

Les noms les plus connus sont beith (le bouleau, souvent associé au commencement), luis (traditionnellement rapproché du sorbier), fearn (l’aulne), sail (le saule), dair (le chêne, force et endurance), coll (le noisetier, sagesse) et ioho (l’if, la mort et la continuité). Les significations divinatoires reprennent le symbolisme européen de ces arbres.

Limites

À part de rares mentions littéraires médiévales, aucune source ne décrit une méthode divinatoire fondée sur l’ogham. Les significations attribuées aux lettres sont des créations du XXe siècle, appuyées sur des interprétations parfois discutables des noms d’arbres. L’ogham divinatoire est donc une pratique contemporaine d’inspiration celtique. Il ne permet pas de prévoir des événements ni de remplacer un avis professionnel.

Glossaire

Fid
Lettre de l'alphabet ogamique (pluriel : feda).
Aicme
Groupe de cinq lettres ; l'ogham classique en compte quatre (pluriel : aicmí).
Forfeda
Lettres supplémentaires ajoutées plus tard aux vingt lettres de base.
Druim
Arête de la pierre ou ligne centrale sur laquelle s'appuient les traits des lettres.

Lectures associées

  1. Damian McManus, A Guide to Ogam, An Sagart, 1991.Ouvrage de référence sur les inscriptions et la tradition savante de l'ogham.
  2. Auraicept na nÉces (« Manuel des savants »), compilé dans le Livre de Ballymote, vers 1390.Traité médiéval irlandais qui explique les lettres et leurs noms.
  3. Robert Graves, The White Goddess, Faber and Faber, 1948.Source de la plupart des interprétations modernes.

Pour approfondir

Voir aussi

Dans la même famille

Tarot de Marseille, Petit Lenormand, Cartomancie au jeu ordinaire, Cartomancie au jeu espagnol, Oracle de Belline, Jeux d'oracle contemporains, Yi Jing, Lingqi jing, Mo tibétain, Géomancie, Sikidy malgache, Ifá, Obi, Divination par les cauris, Jet d'osselets d'Afrique australe, Lecture des feuilles de coca, Cléromancie, Astragalomancie, Bibliomancie, Fāl-e Hāfez, Bâtonnets de temple chinois (qiuqian), Blocs divinatoires chinois (jiaobei), Omikuji, Urim et le Toummim

Fiche mise à jour le .

Pour citer cette page : « L'Ogham divinatoire », Divinatoria, encyclopédie des arts divinatoires, https://divinatoria.fr/arts/ogham.html, consulté le [date].