L'Obi
Divination par les quartiers d'une noix de kola ou d'une noix de coco, lancés au sol : le nombre de faces tournées vers le haut donne une réponse simple.
| Famille | Tirages et sorts |
|---|---|
| Origine | Afrique de l'Ouest (Yoruba, Igbo) ; Cuba et Amériques |
| Période | Tradition ancienne ; pratique vivante |
| Supports | Noix de kola à quatre lobes, ou quatre morceaux de noix de coco |
Définition
L’obi est la forme la plus simple de divination dans les religions yoruba et leurs héritières. On lance les quatre lobes d’une noix de kola, ou quatre morceaux de noix de coco, et l’on compte combien tombent la face intérieure vers le haut. Les cinq combinaisons possibles donnent une réponse du type oui, non ou peut-être.
Histoire
La noix de kola tient une place centrale dans l’hospitalité et les rites d’Afrique de l’Ouest : on l’offre aux visiteurs et aux divinités. Chez les Yoruba, l’obi abata, kola à quatre lobes, sert à consulter les ancêtres et les orisha. Chez les Igbo du Nigeria, la bénédiction et le partage de la kola ouvrent les réunions importantes.
Dans les Amériques, les esclaves d’origine yoruba ont transmis cette pratique. À Cuba, dans la Regla de Ocha, la noix de coco a remplacé la kola, plus rare : l’obi est devenu une consultation par quatre morceaux de coco.
Supports
Une noix de kola à quatre lobes, ou quatre morceaux de noix de coco à la chair blanche et à l’écorce sombre.
Pratique traditionnelle
L’officiant salue les ancêtres et les divinités, pose une question à laquelle on peut répondre par oui ou par non, puis jette les quatre morceaux. Les noms des figures, issus du yoruba, varient un peu selon les traditions : - quatre faces claires : alafia, réponse favorable, à confirmer par un second jet ; - trois faces claires : etawa, réponse incertaine ; - deux faces claires : ejife, réponse ferme et favorable ; - une face claire : okanran, réponse négative ; - aucune face claire : oyeku, réponse négative qui appelle la prudence.
Si la réponse est grave, on passe à une divination plus complexe, comme les cauris ou l’Ifá.
Symbolisme
La kola, offerte et partagée, est un signe de paix et de communion. La consulter, c’est entretenir un dialogue quotidien avec les ancêtres et les divinités.
Limites
Le résultat de l’obi dépend uniquement du hasard de la chute. Sa valeur est religieuse et sociale, dans le cadre de traditions vivantes qui méritent le respect. Il ne permet pas de prévoir un événement de façon vérifiable.
Glossaire
- Obi
- Nom yoruba de la noix de kola, et par extension de la divination qui l'utilise.
- Alafia
- Figure de l'obi où les quatre faces intérieures sont visibles : réponse favorable.
- Oyeku
- Figure de l'obi où les quatre faces sont retournées : réponse négative, appel à la prudence.
Lectures associées
- William Bascom, Sixteen Cowries: Yoruba Divination from Africa to the New World, Indiana University Press, 1980.Divinations yoruba simples, dont l'obi.
- William Bascom, Ifa Divination, Indiana University Press, 1969.Le contexte divinatoire yoruba.
- Robert Farris Thompson, Flash of the Spirit, Random House, 1983.Les traditions yoruba dans les Amériques.
Voir aussi
Dans la même famille
Tarot, Tarot de Marseille, Petit Lenormand, Cartomancie au jeu ordinaire, Cartomancie au jeu espagnol, Oracle de Belline, Jeux d'oracle contemporains, Runes, Ogham divinatoire, Yi Jing, Lingqi jing, Mo tibétain, Géomancie, Sikidy malgache, Jet d'osselets d'Afrique australe, Lecture des feuilles de coca, Cléromancie, Astragalomancie, Bibliomancie, Fāl-e Hāfez, Bâtonnets de temple chinois (qiuqian), Omikuji, Urim et le Toummim
Fiche mise à jour le .
Pour citer cette page : « L'Obi », Divinatoria, encyclopédie des arts divinatoires, https://divinatoria.fr/arts/obi.html, consulté le [date].