La Nécromancie
Divination par l'évocation des morts, que l'on interroge sur l'avenir ou sur ce qui est caché ; pratique attestée dans les textes antiques et condamnée par la plupart des religions.
| Famille | Inspiration, rêve et voyance |
|---|---|
| Origine | Proche-Orient, monde grec et romain, Europe médiévale |
| Période | Antiquité ; Moyen Âge |
| Supports | Rites d'évocation, sacrifices, fosses, lieux funéraires |
Définition
La nécromancie consiste à interroger les morts. Le nécromancien évoque l’ombre d’un défunt, par des rites, des sacrifices ou des formules, pour lui demander ce qu’il sait de l’avenir ou de ce qui est caché.
Le mot a pris au Moyen Âge un sens plus large : celui de magie noire.
Histoire
Homère. Au chant XI de l’Odyssée, Ulysse, sur les conseils de Circé, creuse une fosse, y verse des libations et le sang de bêtes sacrifiées. Les ombres des morts accourent ; il les écarte jusqu’à ce que le devin Tirésias vienne boire et lui révèle son avenir.
La Bible. Le premier livre de Samuel raconte que le roi Saül, alors que Dieu ne lui répond plus, va consulter une femme d’En-Dor qui évoque pour lui l’ombre du prophète Samuel. Celui-ci lui annonce sa défaite et sa mort. La Bible condamne fermement ces pratiques.
Grèce et Rome. Hérodote mentionne un oracle des morts près de l’Achéron, en Épire. Le poète latin Lucain, dans La Pharsale, met en scène une sorcière thessalienne, Érichto, qui ranime un cadavre pour lui faire prédire l’issue de la guerre civile.
Le Moyen Âge. Le mot devient nigromancia, rapproché du latin niger, noir. Il désigne alors la magie démoniaque en général, que les autorités religieuses condamnent et poursuivent.
Supports
Les textes décrivent des fosses, des libations de lait, de miel et de vin, des sacrifices, des lieux associés aux morts comme les tombeaux, les grottes ou les rivières des Enfers.
Pratique traditionnelle
Les récits anciens suivent un même schéma : un rite d’ouverture, l’apparition des morts, le choix de l’ombre à interroger, la réponse, puis le renvoi des morts. Ces récits sont souvent littéraires ; la pratique réelle est mal connue.
Symbolisme
Les morts, qui ont quitté le monde des vivants, sont censés voir ce que les vivants ignorent. La nécromancie exprime aussi la peur et le tabou qui entourent le contact avec les défunts.
Limites
La nécromancie est surtout connue par des textes littéraires et par les condamnations dont elle a fait l’objet. Rien n’établit la possibilité de communiquer avec les morts. Le terme ne doit pas être confondu avec les pratiques religieuses de vénération des ancêtres, très répandues et d’une tout autre nature.
Glossaire
- Nécromancie
- Du grec nekros (mort) et manteia (divination).
- Nekyia
- Rite d'évocation des morts ; nom du chant XI de l'Odyssée.
- Nigromancie
- Forme médiévale du mot, rapprochée du latin niger (noir), d'où l'idée de « magie noire ».
- Nekyomanteion
- Sanctuaire où l'on consultait les morts, comme celui de l'Achéron en Épire selon Hérodote.
Lectures associées
- Homère, Odyssée, chant XI.Ulysse évoque les morts pour consulter le devin Tirésias.
- 1 Samuel 28.Saül fait évoquer l'ombre de Samuel par une femme d'En-Dor.
- Daniel Ogden, Greek and Roman Necromancy, Princeton University Press, 2001.Étude de référence sur la nécromancie antique.
Voir aussi
Dans la même famille
Voyance, Boule de cristal, Catoptromancie, Pendule, Rhabdomancie, Oracle de Delphes, Oracle de Dodone, Sibylles, Incubation, Somnambulisme magnétique, Tables tournantes, Écriture automatique, Transe chamanique, Planche de Ouija
Fiche mise à jour le .
Pour citer cette page : « La Nécromancie », Divinatoria, encyclopédie des arts divinatoires, https://divinatoria.fr/arts/necromancie.html, consulté le [date].