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Divinatoria

La Lecture du visage chinoise (mianxiang)

Art chinois de déduire le caractère et la destinée d'une personne des traits de son visage, de sa voix et de son allure.

Fiche signalétique
FamilleLe corps humain
OrigineChine
PériodeÉpoque des Royaumes combattants (premières mentions) ; manuels classiques sous les Song et après
SupportsLe visage : front, sourcils, yeux, nez, bouche, oreilles, teint

Définition

Le mianxiang est l’art chinois de lire le visage. Le praticien observe la forme des traits, leurs proportions, le teint, les marques, mais aussi la voix, la démarche et l’allure générale, pour en déduire le caractère d’une personne et les grandes étapes de sa vie.

Il fait partie, avec l’astrologie et le choix des jours, des techniques de destinée très répandues dans le monde chinois.

Histoire

L’art de juger les personnes sur leur apparence est ancien en Chine. Dès le IIIe siècle av. J.-C., le philosophe confucéen Xunzi consacre un chapitre à le critiquer : selon lui, mieux vaut juger un homme sur son cœur et ses actes que sur son visage.

La pratique se développe néanmoins et se dote de manuels. Le plus célèbre, attribué à un maître taoïste de l’époque Song appelé Mayi, a été réédité jusqu’à nos jours. La lecture du visage reste pratiquée à Hong Kong, à Taïwan et dans les diasporas.

Supports

Le visage est divisé de plusieurs façons :

  • en trois zones : le front, de la naissance des cheveux aux sourcils ; le milieu, des sourcils au bout du nez ; le bas, du nez au menton ;
  • en cinq organes : sourcils, yeux, nez, bouche, oreilles ;
  • en douze palais, chacun rattaché à un domaine de la vie.

Pratique traditionnelle

Le praticien examine chaque zone et chaque trait, puis lit les âges de la vie le long du visage : le front correspond à la jeunesse, le milieu à l’âge mûr, le bas à la vieillesse. Le teint et ses variations servent à apprécier la situation du moment.

Symbolisme

Le visage est vu comme un paysage où se lisent les cinq phases et l’équilibre du yin et du yang. On compare parfois ses traits à des montagnes et à des fleuves. Les oreilles longues, comme celles des représentations du Bouddha, passent pour un signe de longévité.

Limites

Comme la physiognomonie occidentale, le mianxiang n’a pas de fondement vérifiable : les traits du visage ne permettent pas de connaître le caractère ni de prévoir le destin. Utilisé pour juger des personnes, il peut conduire à des préjugés, comme le soulignait déjà Xunzi.

Glossaire

Mianxiang
« Aspect du visage » : nom chinois de la physiognomonie faciale.
Douze palais
Zones du visage associées chacune à un domaine de la vie : richesse, frères, mariage, enfants, carrière…
Trois zones
Division du visage en trois parties (front, milieu, bas) associées à la jeunesse, à l'âge mûr et à la vieillesse.
Cinq organes
Sourcils, yeux, nez, bouche, oreilles, dont la forme est interprétée.

Lectures associées

  1. Xunzi, chapitre « Contre la physiognomonie » (Fei xiang), IIIe siècle av. J.-C.Première critique connue de l'art de lire les visages.
  2. Mayi shenxiang (« La physiognomonie divine de Maître Mayi »), tradition attribuée à l'époque Song.Manuel classique, plusieurs fois réédité.
  3. Richard J. Smith, Fortune-tellers and Philosophers: Divination in Traditional Chinese Society, Westview Press, 1991.Place de la physiognomonie parmi les techniques divinatoires chinoises.

Voir aussi

Dans la même famille

Métoposcopie, Moléosophie, Sāmudrika shāstra, Phrénologie, Graphologie

Fiche mise à jour le .

Pour citer cette page : « La Lecture du visage chinoise (mianxiang) », Divinatoria, encyclopédie des arts divinatoires, https://divinatoria.fr/arts/mianxiang.html, consulté le [date].