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Divinatoria

L'Astrologie indienne (jyotish)

Astrologie de l'Inde, fondée sur un zodiaque sidéral, les vingt-sept demeures lunaires (nakshatra) et un système de périodes planétaires (dasha).

Fiche signalétique
FamilleAstres et calendriers
OrigineInde, avec des apports mésopotamiens et grecs
PériodeIer millénaire av. J.-C. (calendrier védique) ; IIe-VIe siècle (astrologie horoscopique)
SupportsThème natal (kundali), éphémérides sidérales, tables de périodes

Définition

Le jyotish, du sanskrit jyotiṣa, « science des luminaires », désigne l’astrologie de l’Inde. Il reste aujourd’hui très présent dans la vie sociale indienne : on le consulte pour un mariage, le choix d’un nom, la date d’une cérémonie ou d’une installation.

Il se distingue de l’astrologie occidentale par trois traits : un zodiaque calé sur les étoiles fixes, une grande importance accordée à la Lune et à ses vingt-sept demeures, et une lecture du temps par périodes planétaires successives.

Histoire

Les origines védiques. Le plus ancien texte astronomique indien, le Vedāṅga Jyotiṣa, règle le calendrier des sacrifices védiques. Il repose sur la Lune et sur les nakshatra, des groupes d’étoiles le long de son parcours. Il ne contient pas d’astrologie personnelle.

La transmission grecque. L’astrologie horoscopique, avec ses signes, ses maisons et son ascendant, arrive en Inde depuis le monde hellénistique. Le Yavanajātaka, littéralement « les horoscopes des Grecs », en témoigne : c’est une adaptation sanskrite de textes grecs, mise en vers par Sphujidhvaja, que l’historien David Pingree date du IIIe siècle. Les termes techniques gardent souvent la trace de leur origine grecque.

L’âge classique. Au VIe siècle, l’astronome Varāhamihira rédige les grands traités de référence : le Bṛhat Jātaka pour l’astrologie natale et la Bṛhat Saṃhitā, vaste encyclopédie des présages. Plus tard, le Bṛhat Parāśara Horā Śāstra, attribué au sage Parāśara, devient un manuel central de la pratique moderne.

L’époque contemporaine. Le jyotish reste enseigné en Inde, dans des écoles traditionnelles comme dans certaines universités. Il a aussi gagné l’Occident au XXe siècle sous le nom d’« astrologie védique ».

Supports

Le thème natal, appelé kundali ou janma kundali, est souvent dessiné sous forme de carré divisé en douze cases, selon des modèles qui varient entre le nord et le sud de l’Inde.

Il réunit :

  • les douze signes, comptés dans un zodiaque sidéral ;
  • les neuf graha : Soleil, Lune, Mars, Mercure, Jupiter, Vénus, Saturne, et les deux nœuds lunaires, Rāhu et Ketu ;
  • les vingt-sept nakshatra, demeures lunaires de 13° 20′ chacune ;
  • des thèmes dérivés (varga), dont le plus utilisé, le navāṃśa, divise chaque signe en neuf.

Pratique traditionnelle

L’astrologue établit le thème à partir de la date, de l’heure et du lieu de naissance. Il repère le signe ascendant, la position de la Lune et son nakshatra, puis les forces et les relations entre les graha.

La lecture du temps passe par les daśā. Dans le système le plus répandu, dit viṃśottarī, la vie se divise en périodes gouvernées chacune par un graha, sur un cycle total de 120 ans. La période de départ dépend du nakshatra de la Lune à la naissance.

Deux usages sont particulièrement répandus. La comparaison des thèmes avant un mariage évalue la compatibilité selon un barème de points. Le choix du moment favorable (muhūrta) fixe la date d’une cérémonie ou d’un départ.

Symbolisme

Les graha sont liés à des divinités et à des qualités : le Soleil à l’autorité et à l’âme, la Lune à l’esprit et à la mère, Jupiter au maître spirituel et à la sagesse, Saturne à la durée, au labeur et à l’épreuve. Rāhu et Ketu, issus d’un mythe où un démon avale le Soleil et la Lune, expliquent les éclipses et représentent les désirs et les détachements.

Chaque nakshatra a une divinité tutélaire, un symbole et un caractère propre, que l’on retrouve dans le choix des prénoms : la première syllabe d’un nom est parfois déterminée par le nakshatra de naissance.

Limites

Le zodiaque sidéral corrige l’écart entre signes et constellations, mais le calcul de cet écart, l’ayanāṃśa, varie selon les écoles. Le même thème peut donc placer une planète dans deux signes différents selon la méthode retenue.

Comme l’astrologie occidentale, le jyotish n’a pas résisté aux tests contrôlés de prédiction. Son usage social, notamment pour les mariages, peut aussi peser sur des décisions personnelles importantes. Il reste un patrimoine savant et culturel considérable, qui ne permet pas de prévoir des événements ni de remplacer un avis médical, juridique ou financier.

Glossaire

Jyotiṣa
« Science des luminaires » : nom sanskrit de l'astronomie et de l'astrologie indiennes.
Nakshatra
Une des vingt-sept demeures lunaires de l'astrologie indienne, chacune d'environ 13° 20′.
Graha
« Ce qui saisit » : les neuf corps pris en compte (Soleil, Lune, cinq planètes, Rāhu et Ketu).
Rāhu et Ketu
Les deux nœuds de l'orbite lunaire, traités comme des planètes et liés aux éclipses.
Ayanāṃśa
Écart, en degrés, entre le zodiaque tropical et le zodiaque sidéral à une date donnée.
Daśā
Système de périodes planétaires successives qui découpent la vie ; le plus courant dure 120 ans au total.

Lectures associées

  1. David Pingree, The Yavanajātaka of Sphujidhvaja, Harvard University Press, 1978.Édition du texte qui atteste la transmission grecque de l'astrologie horoscopique en Inde.
  2. David Pingree, Jyotiḥśāstra: Astral and Mathematical Literature, Harrassowitz, 1981.Panorama de la littérature astrologique et astronomique sanskrite.
  3. Varāhamihira, Bṛhat Jātaka et Bṛhat Saṃhitā, VIe siècle.Les deux traités classiques de l'astrologie indienne.

Pour approfondir

Voir aussi

Dans la même famille

Astrologie mésopotamienne, Astrologie hellénistique, Astrologie arabe, Astrologie horaire, Astrologie électionnelle, Astrologie mondiale, Astrologie médicale, Horoscope de presse, Astrologie chinoise, Mahabote birman, Calendrier divinatoire maya (tzolk'in), Tonalpohualli aztèque, Horoscope des arbres celtiques, Jours fastes et néfastes, Almanachs et prédictions annuelles

Fiche mise à jour le .

Pour citer cette page : « L'Astrologie indienne (jyotish) », Divinatoria, encyclopédie des arts divinatoires, https://divinatoria.fr/arts/jyotish.html, consulté le [date].