Aller au contenu

Encyclopédie libre d'accès, avec le soutien d'Avigora

Divinatoria

Les Blocs divinatoires chinois (jiaobei)

Paire de blocs de bois en forme de croissant, plats d'un côté et bombés de l'autre, que l'on lance dans les temples chinois pour obtenir une réponse de la divinité.

Fiche signalétique
FamilleTirages et sorts
OrigineChine du Sud ; Taïwan, Asie du Sud-Est
PériodePratique ancienne ; vivante aujourd'hui
SupportsDeux blocs de bois ou de bambou en forme de croissant

Définition

Les jiaobei sont deux petits blocs de bois ou de bambou en forme de croissant de lune. Chacun a une face plate et une face bombée. On les lance ensemble devant l’autel et on lit la façon dont ils retombent.

C’est la forme la plus simple de consultation dans les temples chinois : elle répond par oui ou par non.

Histoire

Les blocs divinatoires sont attestés depuis longtemps dans les temples du sud de la Chine. Leur usage reste extrêmement répandu à Taïwan, dans le Fujian, à Hong Kong et dans les communautés chinoises d’Asie du Sud-Est. On les lance aussi bien pour une question personnelle que pour une décision collective, comme le choix du responsable d’une fête de temple.

Supports

Deux blocs identiques, souvent peints en rouge, parfois taillés dans une racine de bambou. Ils sont conservés près de l’autel.

Pratique traditionnelle

Le fidèle se présente à la divinité, énonce son nom, son adresse et sa question, puis laisse tomber les deux blocs sur le sol. Trois résultats sont possibles :

  • un bloc plat vers le haut et l’autre bombé : la réponse est positive ;
  • les deux côtés plats vers le haut : la divinité « rit », la question est mal posée ou la réponse n’est pas claire ;
  • les deux côtés bombés vers le haut : la réponse est négative.

Beaucoup de fidèles demandent trois réponses positives d’affilée avant de tenir une réponse pour acquise. Les blocs servent aussi à confirmer un bâtonnet tiré dans le tube du qiuqian.

Symbolisme

Les deux faces évoquent le yin et le yang. La réponse favorable naît précisément de leur union : une face de chaque. Les deux réponses « pleines » d’un seul côté, toutes plates ou toutes bombées, expriment le déséquilibre.

Limites

Le résultat d’un lancer dépend du hasard, avec des probabilités qui varient selon la forme des blocs. Les jiaobei sont un geste religieux et un moyen de dialoguer avec une divinité. Ils ne permettent pas de prévoir des événements ni de remplacer un avis professionnel.

Glossaire

Jiaobei
« Coupes de divination » : nom mandarin des blocs ; on dit aussi bwa bwei en hokkien.
Shengjiao
« Bloc saint » : un bloc côté plat, l'autre côté bombé ; c'est la réponse favorable.
Xiaojiao
« Bloc riant » : les deux côtés plats vers le haut ; la divinité rit, la question est à reformuler.
Yinjiao
« Bloc négatif » : les deux côtés bombés vers le haut ; c'est un refus.

Lectures associées

  1. Richard J. Smith, Fortune-tellers and Philosophers: Divination in Traditional Chinese Society, Westview Press, 1991.Pratiques divinatoires de temple dans la société chinoise.

Voir aussi

Dans la même famille

Tarot, Tarot de Marseille, Petit Lenormand, Cartomancie au jeu ordinaire, Cartomancie au jeu espagnol, Oracle de Belline, Jeux d'oracle contemporains, Runes, Ogham divinatoire, Yi Jing, Lingqi jing, Mo tibétain, Géomancie, Sikidy malgache, Ifá, Obi, Divination par les cauris, Jet d'osselets d'Afrique australe, Lecture des feuilles de coca, Cléromancie, Bibliomancie, Fāl-e Hāfez, Urim et le Toummim

Fiche mise à jour le .

Pour citer cette page : « Les Blocs divinatoires chinois (jiaobei) », Divinatoria, encyclopédie des arts divinatoires, https://divinatoria.fr/arts/jiaobei.html, consulté le [date].