Les Jeux divinatoires de saison
Coutumes pratiquées à certaines dates de l'année, comme les nuits d'Halloween, de la Saint-Jean ou de la Saint-André, pour deviner un futur conjoint ou l'année à venir.
| Famille | Signes fortuits et coutumes |
|---|---|
| Origine | Europe |
| Période | Coutumes populaires anciennes, documentées surtout aux XVIIIe-XXe siècles |
| Supports | Pommes, noix, chou, cire, plomb, miroir, feux |
Définition
Certaines nuits de l’année passaient pour propices à la connaissance de l’avenir, en particulier de l’avenir amoureux. Ces nuits de passage, entre deux saisons ou à la veille d’une grande fête, ont donné naissance à de nombreux jeux divinatoires, pratiqués surtout par les jeunes gens à marier.
Histoire
Halloween. En 1785, le poète écossais Robert Burns décrit dans son poème Halloween les jeux d’une nuit de fête paysanne : arracher un chou les yeux fermés pour deviner, à sa forme, la silhouette du futur époux ; poser deux noix dans le feu pour voir si elles brûlent ensemble ou se séparent. Ces jeux, avec les pommes et les miroirs, ont accompagné Halloween jusqu’en Amérique.
La Sainte-Agnès. Une croyance anglaise voulait que la veille de la Sainte-Agnès, le 20 janvier, une jeune fille qui accomplissait certains rites voie en rêve son futur époux. John Keats en tire un poème célèbre en 1820.
La Saint-Jean. Autour des feux du solstice d’été, on pratiquait en France et dans toute l’Europe des divinations : sauter le feu à deux, cueillir certaines herbes, observer la fumée ou les braises.
La Saint-André. En Pologne, en Roumanie et dans d’autres pays d’Europe centrale et orientale, la nuit de la Saint-André, à la fin novembre, est consacrée à des divinations amoureuses : cire versée dans l’eau, ail ou basilic placés sous l’oreiller pour rêver de son futur conjoint.
Le Nouvel An. La nuit de la Saint-Sylvestre se prête aussi aux pronostics : plomb fondu en Allemagne et en Finlande, premiers mots entendus, premier visiteur de l’année.
Supports
Des objets du quotidien et de la saison : pommes, noix, choux, cire, plomb, miroirs, plantes aromatiques, feux.
Pratique traditionnelle
Les jeux suivent un rituel simple et une règle d’interprétation connue de tous. Ils se pratiquent en groupe, dans une ambiance de fête, avec une part de défi et de rire, et parfois une petite peur délicieuse.
Symbolisme
Ces nuits marquent des seuils : passage d’une saison à l’autre, d’une année à l’autre, entre le monde des vivants et celui des morts. Dans ces moments où les frontières s’ouvrent, l’avenir semble plus proche, et l’amour, autre passage décisif de la vie, devient la question naturelle.
Limites
Ces coutumes sont avant tout des jeux sociaux et des moments de fête. Elles ont une grande valeur pour l’histoire des traditions populaires, mais aucune valeur de prédiction.
Glossaire
- Halloween
- Veille de la Toussaint (31 octobre), héritière de la fête celtique de Samain.
- Saint-Jean
- Fête du 24 juin, proche du solstice d'été, célébrée par des feux.
- Saint-André
- Fête du 30 novembre ; la nuit qui la précède est propice aux divinations amoureuses dans plusieurs pays.
- Sainte-Agnès
- Fête du 21 janvier ; la veille, les jeunes filles espéraient voir en rêve leur futur époux.
Lectures associées
- Robert Burns, « Halloween », poème, 1785.Décrit les jeux divinatoires d'une nuit d'Halloween dans l'Écosse rurale.
- John Keats, « The Eve of St. Agnes », poème, 1820.S'appuie sur la croyance de la veille de la Sainte-Agnès.
- Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, 4 vol., 1904-1907.Coutumes de la Saint-Jean et des autres fêtes.
Voir aussi
Dans la même famille
Clédonomancie, Présages populaires, Coscinomancie, Cléidomancie, Ordalie
Fiche mise à jour le .
Pour citer cette page : « Les Jeux divinatoires de saison », Divinatoria, encyclopédie des arts divinatoires, https://divinatoria.fr/arts/jeux-de-saison.html, consulté le [date].