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Divinatoria

L'Hydromancie

Divination par l'eau : observation d'une surface immobile, des remous, des reflets ou du comportement d'objets plongés dans l'eau.

Fiche signalétique
FamilleÉléments et matière
OrigineProche-Orient, monde gréco-romain, Europe
PériodeAntiquité ; pratiques populaires jusqu'à l'époque moderne
SupportsBassin, coupe, source ou miroir d'eau

Définition

L’hydromancie regroupe les pratiques qui interrogent l’eau. Le devin peut fixer une surface d’eau immobile pour y voir des images, observer les remous d’une source, ou jeter des objets dans l’eau et regarder s’ils coulent, flottent ou dérivent.

Elle est proche de la contemplation du cristal ou du miroir, et de la lécanomancie, qui ajoute de l’huile à l’eau.

Histoire

L’Antiquité. Au début du Ve siècle, saint Augustin rapporte, d’après l’érudit romain Varron, que le roi Numa, successeur légendaire de Romulus, pratiquait l’hydromancie pour voir dans l’eau les images des dieux. Varron en attribuait l’origine aux Perses.

Pausanias décrit, à Patras, une source près d’un sanctuaire de Déméter : on y descendait un miroir au bout d’une corde, et l’image qui y apparaissait annonçait si un malade guérirait.

Les sources sacrées. Dans de nombreuses régions d’Europe, on consultait les sources et les fontaines : un objet qui flotte ou qui coule, une eau qui se trouble ou reste claire, avaient valeur de réponse. Ces pratiques ont souvent survécu sous une forme christianisée, autour des fontaines dédiées à des saints.

Nostradamus. Les premiers quatrains des Prophéties (1555) décrivent une veille solitaire auprès d’un vase de bronze rempli d’eau. Les commentateurs y voient une scène d’hydromancie inspirée des auteurs antiques.

Supports

Un bassin ou une coupe, de préférence sombre ; une source, un puits ou une fontaine ; parfois un miroir plongé dans l’eau. Certaines pratiques utilisent des objets à jeter : pièces, épingles, pain, fleurs.

Pratique traditionnelle

Pour la contemplation, le devin remplit un bassin d’eau, l’installe dans la pénombre et fixe la surface jusqu’à y percevoir des images. Pour la consultation d’une source, il pose une question puis jette un objet et observe son comportement.

Symbolisme

L’eau est le miroir par excellence et le lieu du passage : elle reflète le ciel, cache ses profondeurs et relie, dans de nombreuses mythologies, le monde des vivants et celui des morts. Les sources sont souvent la demeure de nymphes ou de divinités qui savent l’avenir.

Limites

L’observation prolongée d’une surface d’eau favorise la perception de formes, par le même mécanisme que celui de la boule de cristal. Le comportement d’un objet dans l’eau dépend de sa forme, de sa densité et des courants. L’hydromancie ne permet pas de prévoir un événement ; pour une question de santé, elle ne remplace pas un avis médical.

Glossaire

Hydromancie
Du grec hydōr (eau) et manteia (divination).
Pégomancie
Divination par l'eau des sources, en observant leur bouillonnement ou les objets qu'on y jette.
Lécanomancie
Variante qui observe l'huile ou d'autres substances versées dans un bassin d'eau.

Lectures associées

  1. Augustin d'Hippone, La Cité de Dieu, livre VII, chap. 35.Rapporte, d'après Varron, que le roi Numa pratiquait l'hydromancie.
  2. Pausanias, Description de la Grèce, livre VII, chap. 21.Décrit le miroir plongé dans une source à Patras.
  3. Auguste Bouché-Leclercq, Histoire de la divination dans l'Antiquité, 4 vol., 1879-1882.Présentation des divinations par l'eau.

Voir aussi

Dans la même famille

Pyromancie, Capnomancie, Aéromancie, Céromancie, Molybdomancie, Tasséographie, Lithomancie, Feng shui

Fiche mise à jour le .

Pour citer cette page : « L'Hydromancie », Divinatoria, encyclopédie des arts divinatoires, https://divinatoria.fr/arts/hydromancie.html, consulté le [date].