L'Haruspicine
Examen des entrailles des animaux sacrifiés, et surtout du foie, pour connaître la volonté des dieux ; art étrusque adopté par Rome.
| Famille | Animaux et présages |
|---|---|
| Origine | Étrurie, puis Rome |
| Période | Ier millénaire av. J.-C. ; jusqu'à la fin du IVe siècle |
| Supports | Entrailles des victimes de sacrifice (foie, poumons, cœur) |
Définition
L’haruspicine consiste à examiner les organes d’un animal sacrifié, principalement le foie, pour y lire un message des dieux. L’aspect de chaque partie, sa couleur, sa forme et ses anomalies indiquaient si les dieux étaient favorables.
Les Romains considéraient cet art comme une spécialité étrusque, et faisaient venir des haruspices d’Étrurie lorsque des signes inquiétants se produisaient.
Histoire
Les Étrusques. L’Étrurie, au nord de Rome, possédait un ensemble de savoirs religieux consignés dans des livres, la disciplina etrusca. Selon la légende, ces savoirs avaient été révélés par Tagès, un enfant surgi d’un sillon. L’examen du foie y occupait une place centrale. On en a un témoignage exceptionnel : le foie de Plaisance, maquette de bronze découverte en 1877, divisée en régions portant des noms de divinités.
Rome. Rome recourt aux haruspices pour interpréter les prodiges et vérifier les sacrifices. Selon Suétone, l’haruspice Spurinna avertit Jules César de se méfier d’un danger qui ne dépasserait pas les ides de mars. L’empereur Claude, savant passionné par l’Étrurie, organise un ordre de soixante haruspices, selon Tacite.
Les critiques. Dès l’Antiquité, l’haruspicine fait l’objet de critiques. Cicéron rapporte le mot de Caton l’Ancien : il s’étonnait qu’un haruspice puisse croiser un autre haruspice sans rire.
La fin. L’haruspicine disparaît avec l’interdiction des sacrifices païens à la fin du IVe siècle.
Supports
Les organes d’un animal sacrifié, le plus souvent un mouton ou un bœuf : le foie surtout, mais aussi la vésicule, les poumons et le cœur.
Pratique traditionnelle
Après le sacrifice, l’haruspice extrait les organes et les examine selon un ordre établi. Il observe la taille, la couleur et la forme des lobes du foie, la présence de la vésicule, des marques ou anomalies, et les rapporte aux régions célestes et aux divinités qui leur correspondent. Un foie sans défaut signifie l’accord des dieux ; une anomalie, un avertissement.
Symbolisme
Le foie était vu comme un microcosme : ses régions correspondaient à celles du ciel, chacune gouvernée par un dieu. En le lisant, l’haruspice lisait l’état du ciel au moment du sacrifice. Le foie passait aussi pour le siège de la vie.
Limites
L’aspect des organes dépend de la santé et de l’anatomie de l’animal. L’haruspicine n’a aucune valeur prédictive. Elle témoigne de l’importance du sacrifice et de la recherche de signes dans les religions antiques.
Glossaire
- Haruspice
- Devin d'origine étrusque qui examine les entrailles des victimes.
- Extispicine
- Terme général pour l'examen des entrailles.
- Disciplina etrusca
- Ensemble des savoirs religieux étrusques, consignés dans des livres sacrés.
- Foie de Plaisance
- Maquette étrusque de foie de mouton en bronze, divisée en régions portant des noms de dieux.
Lectures associées
- Suétone, Vie de César, 81.L'avertissement de l'haruspice Spurinna avant les ides de mars.
- Tacite, Annales, livre XI, 15.Claude réorganise l'ordre des haruspices.
- Cicéron, De la divination, livre II.Critique de l'haruspicine.
- Jean-René Jannot, Devins, dieux et démons : regards sur la religion de l'Étrurie antique, Picard, 1998.Synthèse sur la religion étrusque.
Voir aussi
Dans la même famille
Os oraculaires chinois, Scapulimancie, Futomani, Divination par les os de poulet, Tripudium, Alectryomancie, Hippomancie, Oracle du poison azandé, Divination par l'araignée
Fiche mise à jour le .
Pour citer cette page : « L'Haruspicine », Divinatoria, encyclopédie des arts divinatoires, https://divinatoria.fr/arts/haruspicine.html, consulté le [date].