Le Futomani
Ancienne divination japonaise qui consiste à chauffer une omoplate de cerf et à lire les fissures produites ; elle a été en partie remplacée par le kiboku, la lecture de carapaces de tortue.
| Famille | Animaux et présages |
|---|---|
| Origine | Japon |
| Période | Époque ancienne (attestée dans le Kojiki, 712) ; rites encore pratiqués |
| Supports | Omoplate de cerf, carapace de tortue, bois de cerisier sauvage (hahaka) |
Définition
Le futomani est la plus ancienne forme connue de divination au Japon. On chauffe une omoplate de cerf jusqu’à ce qu’elle se fende, puis on interprète la forme des fissures. Il appartient à la grande famille de la scapulimancie, connue de la Sibérie à l’Asie orientale.
Histoire
Les mythes. Le Kojiki, chronique achevée en 712, raconte que les dieux créateurs Izanagi et Izanami, après une première naissance malheureuse, vont consulter les divinités célestes. Celles-ci pratiquent le futomani pour connaître la cause de l’échec. La divination est ainsi placée au commencement du monde japonais.
La cour. Sous l’influence chinoise, la cour adopte le kiboku, la lecture de carapaces de tortue chauffées, comme les os oraculaires chinois. Elle est confiée à des devins de la lignée Urabe, attachés au Département des cultes ; les règlements de l’Engishiki, au Xe siècle, décrivent leurs fonctions.
Aujourd’hui. Le kiboku sert encore à choisir les deux régions qui fournissent le riz des offrandes lors du Daijōsai, la grande cérémonie d’avènement d’un empereur ; ce fut le cas en 2019. Au sanctuaire de Musashi Mitake, près de Tokyo, un rite de futomani est célébré au début de l’année pour annoncer les récoltes.
Supports
Une omoplate de cerf, ou une carapace de tortue pour le kiboku, et du bois de hahaka, un cerisier sauvage, que l’on brûle pour chauffer l’os.
Pratique traditionnelle
L’os est préparé, puis chauffé avec un bâton de bois incandescent. Les fissures apparaissent avec un léger craquement. Le devin les lit selon leur direction et leur forme, en réponse à une question posée à l’avance. Au sanctuaire de Mitake, les résultats sont affichés pour chaque culture : riz, blé, légumes.
Symbolisme
Le cerf est un messager des dieux dans plusieurs sanctuaires japonais. Le feu et la fissure font apparaître une réponse que l’homme ne choisit pas : le signe vient des divinités.
Limites
La forme des fissures dépend de l’épaisseur de l’os, de la chaleur et du hasard. Aujourd’hui, ces rites relèvent surtout de la tradition religieuse et du patrimoine. Ils ne permettent pas de prévoir les récoltes ni un autre événement.
Glossaire
- Futomani
- Divination japonaise par l'omoplate de cerf chauffée.
- Kiboku
- Divination japonaise par la carapace de tortue chauffée, d'origine chinoise.
- Urabe
- Lignée de devins attachés au Département des cultes de la cour du Japon.
Lectures associées
- Kojiki (Chronique des faits anciens), 712.Première mention du futomani, consulté par les dieux eux-mêmes.
- Engishiki, 927.Règlements de la cour, qui décrivent le rôle des devins Urabe.
- David N. Keightley, Sources of Shang History, University of California Press, 1978.La scapulimancie chinoise, à l'origine du kiboku.
Voir aussi
Dans la même famille
Auspices et les augures, Haruspicine, Hépatoscopie, Divination par les os de poulet, Tripudium, Alectryomancie, Hippomancie, Tératoscopie, Oracle du poison azandé, Divination par l'araignée
Fiche mise à jour le .
Pour citer cette page : « Le Futomani », Divinatoria, encyclopédie des arts divinatoires, https://divinatoria.fr/arts/futomani.html, consulté le [date].