Le Feng shui
Art chinois d'évaluer les lieux et de choisir l'emplacement et l'orientation des tombes, des maisons et des villes selon la circulation supposée du souffle (qi).
| Famille | Éléments et matière |
|---|---|
| Origine | Chine |
| Période | Antiquité (choix des sites) ; IVe siècle (Livre des funérailles) ; développement continu |
| Supports | Observation du paysage, boussole luopan, calendrier |
Définition
Le feng shui, « vent et eau », est l’art chinois d’évaluer les lieux. Il cherche à déterminer où et comment placer une tombe, une maison, un palais ou une ville, pour qu’ils bénéficient d’un souffle favorable et apportent la prospérité à leurs occupants ou aux descendants du défunt.
Les Occidentaux l’ont parfois appelé « géomancie chinoise », mais il n’a pas de rapport avec la géomancie par les figures de points.
Histoire
Les origines. Le choix des sites pour les tombes et les capitales fait l’objet de pratiques divinatoires dès l’Antiquité chinoise.
Le Livre des funérailles. Le Zangshu, attribué au lettré Guo Pu au IVe siècle, définit le principe central : le souffle se disperse avec le vent et s’arrête au contact de l’eau. Un bon site retient le souffle, à l’abri des vents et près des eaux.
Deux écoles. L’école des formes analyse le relief : collines, cours d’eau, lignes de crêtes appelées « dragons ». L’école de la boussole utilise des calculs fondés sur les directions, les trigrammes, les cycles du calendrier et le carré Lo Shu.
Aujourd’hui. Le feng shui reste très pratiqué à Hong Kong, à Taïwan, à Singapour, et s’est diffusé en Occident sous une forme souvent simplifiée, orientée vers la décoration intérieure.
Supports
Le maître de feng shui observe le paysage et utilise le luopan, une boussole entourée de nombreux cercles gradués, qui portent les directions, les trigrammes, les étoiles et les cycles calendaires.
Pratique traditionnelle
Pour une tombe, le praticien cherche un site protégé par des collines, avec une vue dégagée et de l’eau à proximité, puis fixe l’orientation exacte avec le luopan. Pour une maison, il étudie l’environnement, l’orientation de la porte, la disposition des pièces et l’année de construction.
Symbolisme
Le paysage idéal est décrit par quatre animaux : le Dragon vert à l’est, le Tigre blanc à l’ouest, l’Oiseau rouge au sud, la Tortue noire au nord. Le site favorable est comparé à un fauteuil : une colline protège le dos, des reliefs plus bas encadrent les côtés, l’espace s’ouvre devant.
Limites
Le feng shui a contribué à des choix d’implantation souvent judicieux, comme se protéger des vents et rester près de l’eau. Ses calculs de directions et de cycles n’ont en revanche aucun fondement vérifiable, et il ne garantit ni santé ni prospérité. Pour un achat immobilier ou une construction, l’avis d’un professionnel du bâtiment reste indispensable.
Glossaire
- Feng shui
- « Vent et eau » : nom courant de l'art des emplacements.
- Kanyu
- « Ciel et terre » : nom ancien et savant de la même discipline.
- Qi
- Souffle ou énergie qui, selon la tradition, circule dans le paysage et dans les êtres.
- Luopan
- Boussole graduée de nombreux cercles concentriques, instrument du maître de feng shui.
- Dragon
- Dans le feng shui, ligne de crêtes ou de collines par laquelle circule le souffle.
Lectures associées
- Guo Pu (attribué), Zangshu, le Livre des funérailles, IVe siècle.Texte fondateur, qui définit le souffle et la règle du vent et de l'eau.
- Stephan Feuchtwang, An Anthropological Analysis of Chinese Geomancy, Vithagna, 1974.Étude anthropologique de référence.
- Ole Bruun, Fengshui in China: Geomantic Divination between State Orthodoxy and Popular Religion, NIAS Press, 2003.Histoire et pratiques contemporaines.
Voir aussi
Dans la même famille
Hydromancie, Lécanomancie, Pyromancie, Capnomancie, Aéromancie, Céromancie, Molybdomancie, Oomancie, Tasséographie, Lithomancie
Fiche mise à jour le .
Pour citer cette page : « Le Feng shui », Divinatoria, encyclopédie des arts divinatoires, https://divinatoria.fr/arts/feng-shui.html, consulté le [date].