La Coscinomancie
Divination par un crible (tamis) suspendu à des ciseaux ou à des pinces : le crible tourne ou tombe quand on prononce le nom recherché.
| Famille | Signes fortuits et coutumes |
|---|---|
| Origine | Monde grec, Europe |
| Période | Antiquité ; pratique populaire jusqu'au XIXe siècle |
| Supports | Crible ou tamis, ciseaux ou pinces |
Définition
La coscinomancie se pratique avec un crible, le tamis qui sert à séparer le grain de la balle. On le suspend en équilibre, puis on énonce des noms ou des questions : le mouvement du crible, qui tourne, tremble ou tombe, désigne la réponse.
On l’employait surtout pour retrouver l’auteur d’un vol.
Histoire
La Grèce. Le poète Théocrite, au IIIe siècle avant notre ère, fait parler un berger qui a consulté une devineresse « au crible », une koskinomantis. Le mot montre que la pratique était assez courante pour qu’on la nomme.
L’Europe moderne. En Angleterre, le « crible et les ciseaux » est souvent cité dans les procès et les récits des XVIe et XVIIe siècles, aux côtés de la Bible et la clé. L’historien Keith Thomas y voit l’un des procédés les plus répandus des devins de village pour démasquer un voleur. La pratique se maintient comme coutume rurale jusqu’au XIXe siècle.
Supports
Un crible de bois et de tamis, et une paire de grands ciseaux, de cisailles ou de pinces dont les pointes s’enfoncent dans le bord du crible.
Pratique traditionnelle
Deux personnes soutiennent le crible du bout des doigts, par les anneaux des ciseaux plantés dans son bord. On récite une formule, souvent religieuse, puis les noms des suspects. Quand le crible tourne ou tombe à l’énoncé d’un nom, le coupable est désigné.
Symbolisme
Le crible trie le bon grain et l’ivraie : il est l’image du jugement qui sépare l’innocent du coupable. Plusieurs traditions en font aussi un objet magique, capable de retenir l’eau dans les légendes ou de protéger une maison.
Limites
Le crible est maintenu en équilibre instable par des doigts humains. De petits mouvements involontaires, guidés par les soupçons des participants, suffisent à le faire tourner : c’est le même effet qui anime le pendule. Une telle épreuve a pu faire accuser des innocents ; elle ne permet pas d’établir une culpabilité.
Glossaire
- Coscinomancie
- Du grec koskinon (crible) et manteia (divination).
- Crible et ciseaux
- Nom anglais (sieve and shears) de la coscinomancie populaire, utilisée surtout pour retrouver un voleur.
Lectures associées
- Théocrite, Idylles, III.Mention d'une devineresse au crible (koskinomantis).
- Keith Thomas, Religion and the Decline of Magic, Weidenfeld and Nicolson, 1971.Le crible et les ciseaux dans l'Angleterre des XVIe et XVIIe siècles.
- Iona Opie et Moira Tatem, A Dictionary of Superstitions, Oxford University Press, 1989.Attestations populaires.
Voir aussi
Dans la même famille
Présages populaires, Ordalie, Effeuiller la marguerite, Jeux divinatoires de saison
Fiche mise à jour le .
Pour citer cette page : « La Coscinomancie », Divinatoria, encyclopédie des arts divinatoires, https://divinatoria.fr/arts/coscinomancie.html, consulté le [date].