La Cléidomancie
Divination par une clé, le plus souvent glissée dans une Bible fermée et suspendue : le livre tourne quand on prononce le nom ou la lettre recherchés.
| Famille | Signes fortuits et coutumes |
|---|---|
| Origine | Europe, surtout Grande-Bretagne |
| Période | XVIe-XIXe siècles ; survivances folkloriques |
| Supports | Clé, Bible, ruban ou ficelle |
Définition
La cléidomancie utilise une clé comme instrument de réponse. Dans sa forme la plus connue, la « Bible et la clé », on place une clé dans une Bible, on ferme le livre en le liant, puis on le suspend par l’anneau de la clé. Le livre qui tourne ou tombe désigne la réponse.
Histoire
La pratique est surtout documentée dans les îles Britanniques, de l’époque moderne au XIXe siècle, mais on la retrouve ailleurs en Europe. L’historien Keith Thomas la range parmi les procédés les plus courants des devins de village, avec le crible et les ciseaux, pour retrouver un objet volé.
Elle servait aussi, surtout chez les jeunes filles, à connaître l’initiale du futur mari. Les recueils de folklore la signalent encore au XIXe et au début du XXe siècle.
Supports
Une clé, souvent ancienne et lourde, une Bible et un ruban ou une jarretière pour lier le livre. Le choix du verset où l’on place la clé fait partie du rite.
Pratique traditionnelle
Pour un vol, on plaçait la clé sur le Psaume 50, verset 18, qui parle de celui qui s’accorde avec le voleur. Pour l’amour, sur le livre de Ruth, chapitre 1, versets 16 et 17 : « Où tu iras, j’irai ». Deux personnes tiennent l’anneau de la clé sur leurs doigts ; on récite le verset, puis les noms des suspects ou les lettres de l’alphabet. Le livre tourne au nom du coupable ou à l’initiale du futur conjoint.
Symbolisme
La clé ouvre ce qui est caché ; la Bible donne au procédé l’autorité de la parole divine. L’association des deux résume une religion populaire où les objets sacrés servent aussi d’instruments pratiques.
Limites
Comme pour le crible, le livre suspendu bouge sous l’effet de mouvements involontaires des doigts, influencés par les attentes des participants. Le procédé a pu nourrir des accusations injustes ; il ne permet ni d’identifier un coupable ni de connaître un futur conjoint. Les Églises l’ont souvent condamné comme superstition.
Glossaire
- Cléidomancie
- Du grec kleis (clé) et manteia (divination) ; on écrit aussi clidomancie.
- Bible et clé
- Nom populaire (Bible and key) de la cléidomancie pratiquée avec une Bible.
Lectures associées
- Keith Thomas, Religion and the Decline of Magic, Weidenfeld and Nicolson, 1971.La Bible et la clé parmi les procédés des devins de village.
- Iona Opie et Moira Tatem, A Dictionary of Superstitions, Oxford University Press, 1989.Attestations de la Bible et la clé.
- Psaume 50, 18 ; Ruth 1, 16-17.Les versets traditionnellement employés.
Voir aussi
Dans la même famille
Clédonomancie, Présages populaires, Ordalie, Effeuiller la marguerite, Jeux divinatoires de saison
Fiche mise à jour le .
Pour citer cette page : « La Cléidomancie », Divinatoria, encyclopédie des arts divinatoires, https://divinatoria.fr/arts/cleidomancie.html, consulté le [date].