La Catoptromancie
Divination par la contemplation d'un miroir, où le devin ou un intermédiaire cherche à voir apparaître des images ou des scènes.
| Famille | Inspiration, rêve et voyance |
|---|---|
| Origine | Monde grec, Mésoamérique, Europe médiévale et moderne |
| Période | Antiquité ; pratiques savantes et populaires jusqu'à l'époque moderne |
| Supports | Miroir de bronze, d'obsidienne ou de verre, parfois posé sur l'eau |
Définition
La catoptromancie consiste à regarder dans un miroir pour y voir apparaître des images : le visage d’un absent, une scène à venir, la réponse à une question. Elle appartient à la grande famille des pratiques de contemplation, avec la boule de cristal et l’hydromancie.
Histoire
La Grèce. Le voyageur Pausanias, au IIe siècle, décrit à Patras, dans le Péloponnèse, une source sacrée près d’un sanctuaire de Déméter. Pour savoir si un malade guérirait, on y descendait un miroir suspendu à une corde, de façon qu’il effleure l’eau, puis on priait, on brûlait de l’encens et l’on regardait dans le miroir : on y voyait le malade vivant ou mort.
La Mésoamérique. Les Aztèques polissaient des miroirs d’obsidienne, pierre volcanique noire. Le dieu Tezcatlipoca, dont le nom signifie « miroir fumant », était représenté avec un tel miroir, instrument de vision et de pouvoir.
L’Europe médiévale et moderne. Les auteurs chrétiens condamnent les specularii, qui lisaient l’avenir dans les surfaces brillantes. Jean de Salisbury raconte qu’enfant, un prêtre l’avait employé avec un autre garçon pour regarder dans des bassins polis. Au XVIe siècle, le savant anglais John Dee utilisait un miroir d’obsidienne d’origine aztèque, aujourd’hui conservé au British Museum.
Supports
Un miroir de métal poli, d’obsidienne ou de verre, parfois noirci. Dans certaines pratiques, le miroir est posé sur l’eau ou à côté d’une flamme.
Pratique traditionnelle
La séance se déroule souvent dans la pénombre. Le devin, ou un enfant jugé plus réceptif, fixe la surface après des prières ou des formules. Il décrit ce qu’il croit voir, et le devin interprète ces visions. Les traités insistent sur la pureté rituelle des participants.
Symbolisme
Le miroir montre ce qui n’est pas là : il ouvre une fenêtre sur un autre lieu ou un autre temps. Il est aussi l’image de la connaissance de soi, et dans de nombreuses cultures un passage vers le monde des esprits.
Limites
Fixer longtemps une surface réfléchissante dans la pénombre produit des illusions visuelles bien connues des psychologues : déformations du visage, apparitions de formes. Les images perçues dépendent des attentes de l’observateur. La catoptromancie ne permet pas de voir des événements réels ou futurs.
Glossaire
- Catoptromancie
- Du grec katoptron (miroir) et manteia (divination).
- Specularius
- Nom donné au Moyen Âge à ceux qui pratiquaient la divination par les miroirs et les surfaces brillantes.
- Tezcatlipoca
- Divinité aztèque dont le nom signifie « miroir fumant », associée aux miroirs d'obsidienne.
Lectures associées
- Pausanias, Description de la Grèce, livre VII, 21, 12.La source oraculaire de Déméter à Patras.
- Armand Delatte, La Catoptromancie grecque et ses dérivés, Liège et Paris, 1932.Étude de référence sur la divination par le miroir.
- Jean de Salisbury, Policraticus, livre II, 1159.Souvenir d'une séance de divination par des surfaces polies, vécue dans l'enfance.
Voir aussi
Dans la même famille
Voyance, Pendule, Rhabdomancie, Oracle de Delphes, Oracle de Dodone, Sibylles, Prophétie, Oniromancie, Incubation, Nécromancie, Somnambulisme magnétique, Médiumnité, Tables tournantes, Écriture automatique, Transe chamanique, Planche de Ouija
Fiche mise à jour le .
Pour citer cette page : « La Catoptromancie », Divinatoria, encyclopédie des arts divinatoires, https://divinatoria.fr/arts/catoptromancie.html, consulté le [date].