L'Aéromancie
Interprétation des phénomènes de l'air comme présages : vents, nuages, formes dans le ciel, éclairs et tonnerre.
| Famille | Éléments et matière |
|---|---|
| Origine | Mésopotamie, Étrurie, monde gréco-romain, Europe |
| Période | Antiquité ; traditions populaires |
| Supports | Observation du ciel |
Définition
L’aéromancie regroupe les pratiques qui interprètent ce qui se passe dans l’air : la direction des vents, la forme des nuages, les halos, l’arc-en-ciel, et surtout le tonnerre et la foudre.
Elle se situe à la frontière de la météorologie ancienne : longtemps, prévoir le temps et lire des présages dans le ciel ont été une seule et même activité.
Histoire
La Mésopotamie. La grande série de présages célestes Enūma Anu Enlil contient de nombreux présages tirés du tonnerre, des nuages, des vents et des tremblements de terre.
Les Étrusques. Les Étrusques étaient réputés pour leur science de la foudre. Ils divisaient le ciel en seize régions, chacune liée à des divinités, et interprétaient un éclair selon la région d’où il venait et celle où il frappait. Au VIe siècle, l’érudit byzantin Jean le Lydien transmet un calendrier brontoscopique d’origine étrusque, qui donne pour chaque jour de l’année la signification du tonnerre.
Rome. Les Romains reprennent ces savoirs : la foudre et le tonnerre font partie des signes que les augures et les haruspices doivent interpréter. Le philosophe Sénèque discute en détail de l’interprétation étrusque de la foudre.
Les traditions populaires. Les almanachs et les dictons paysans ont conservé de nombreux présages tirés du ciel, à la frontière entre prévision du temps et superstition.
Supports
L’observation directe du ciel. Les spécialistes antiques disposaient de listes et de calendriers de présages.
Pratique traditionnelle
L’observateur note le phénomène, son heure, son jour et sa direction, puis cherche sa signification dans les listes. Pour la foudre, on considérait aussi l’objet frappé : un arbre, un temple ou une maison n’avaient pas le même sens.
Symbolisme
Le ciel est le domaine des dieux souverains : Zeus et Jupiter lancent la foudre, et le tonnerre est leur voix. Les vents, les nuages et les arcs-en-ciel servent de messagers. L’aéromancie exprime l’idée que le ciel parle aux hommes.
Limites
Les phénomènes de l’air obéissent aux lois de la physique de l’atmosphère, que la météorologie moderne explique et prévoit. Leur lecture comme présages relève de l’histoire des croyances ; elle ne permet pas de prévoir des événements humains.
Glossaire
- Aéromancie
- Du grec aēr (air) et manteia (divination).
- Brontoscopie
- Divination par le tonnerre, selon le jour et la direction où il retentit.
- Céraunoscopie
- Divination par la foudre et les éclairs.
- Néphomancie
- Divination par la forme des nuages.
Lectures associées
- Jean le Lydien, Des présages (De ostentis), VIe siècle.Transmet un calendrier brontoscopique attribué aux Étrusques.
- Sénèque, Questions naturelles, livre II.Discute la foudre et l'interprétation étrusque des éclairs.
- Auguste Bouché-Leclercq, Histoire de la divination dans l'Antiquité, 4 vol., 1879-1882.Présentation des divinations par les phénomènes célestes.
Voir aussi
Dans la même famille
Hydromancie, Lécanomancie, Pyromancie, Céromancie, Molybdomancie, Oomancie, Tasséographie, Lithomancie, Feng shui
Fiche mise à jour le .
Pour citer cette page : « L'Aéromancie », Divinatoria, encyclopédie des arts divinatoires, https://divinatoria.fr/arts/aeromancie.html, consulté le [date].